Chronique : Moi, Peter Pan de Michael Roch

Chronique sur Lully fabule >>

Ou la psychanalyse des contes de fées

Peter Pan… Faut-il encore présenter ce personnage si emblématique qui jalonne notre enfance ? Un petit garçon qui ne voulait pas grandir, qui affronte l’infâme capitaine Crochet, entourés de ses enfants perdus, abandonnés par la vie. Une histoire qui nous est à tous si proche et qui fut pourtant si difficile à son auteur, James Matthew Barrie, de la faire accepter à son époque d’écriture. D’abord raconté aux fils de sa grande amie, il l’a ensuite adapté en pièce de théâtre au début du XIXe siècle. Pour autant, Peter Pan est bourré de thèmes sous-jacent très forts : la thanatophobie et le refus de toute forme d’autorité, qui a par ailleurs donné son nom au syndrome éponyme.

Michael Roch, connu pour sa chaîne Youtube d’analyse de littérature de l’imaginaire, La Brigade du Livre, approfondit ces thèmes à travers sa novella Moi, Peter Pan. Dans cette réinterprétation du mythe, Peter Pan est un personnage résolument torturé par ses poux, qui le travaillent, ses petites bêbêtes qui s’immiscent dans l’esprit, le torturent, le titillent et l’empêchent d’être heureux. Ces petits riens qui irritent ou ces souvenirs qui remontent à la surface pour blesser davantage encore. En filigrane, c’est finalement la désillusion et la dépression qu’abordent l’auteur à travers les questionnements et l’imaginaire d’un personnage enfantin que tous connaît, qui peut toucher tout à chacun d’une façon ou d’une autre ; car au final, tout le monde passe à un jour le cap de l’âge adulte et contemple avec mélancolie les vestiges d’un monde passé, celui de l’insouciance, une époque où les cœurs n’étaient pas encore meurtris par les épreuves de la vie. Mais c’est aussi un livre qui brûle d’espoir grâce au pouvoir du langage.

De sa plume si délicate, magique et mélancolique, Michael Roch dessine un monde de mots tout en subtilité, tendresse et finesse où les métaphores oniriques plongent le lecteur dans un récit envoutant et féérique. Quand la magie de la poésie rencontre les questionnements de l’esprit… Absolument merveilleux !

Chronique sur Lully fabule >>

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Pin It on Pinterest